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[LeMonde] Comment Linux est devenu un enjeu stratégique majeur pour la Silicon Valley

Mon, 03 Dec 2018 10:00:00 +0000 - (source)

L’emblématique système d’exploitation libre est devenu un outil-clé de tous les grands groupes du Web, comme l’illustre le rachat de Red Hat. […]

Au-delà des considérations stratégiques, le rachat de Red Hat « montre la viabilité du modèle économique » du logiciel libre, juge Lionel Maurel, juriste et membre du bureau de l’association La Quadrature du Net. « Tout le monde a répété cette phrase : “Le logiciel libre a déjà gagné, mais personne ne le sait.” Le modèle est déjà dominant dans les serveurs ; IBM va pouvoir utiliser ce rachat pour développer des solutions de cloud [informatique dématérialisée], un domaine très concurrentiel. » Car si Linux reste très minoritaire sur les ordinateurs individuels, loin derrière Windows de Microsoft et Mac OS d’Apple, le système d’exploitation libre est le leader dans les serveurs qui font tourner les grands services du Web. D’Amazon à Facebook en passant par Google, dont une version modifiée du noyau Linux est au cœur d’Android, tous les géants du Web ont recours à Linux pour leurs gigantesques infrastructures. […]

https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/11/11/comment-linux-est-devenu-un-enjeu-strategique-majeur-pour-la-silicon-valley_5382061_5345421.html


[LeMagIT] Projet de règlement anti-terroriste : une énième attaque contre le chiffrement ?

Thu, 29 Nov 2018 10:00:00 +0000 - (source)

La Quadrature du Net s’alarme de la manière dont est formulé le texte, définissant des obligations pour les contenus mis à disposition de tiers et pas uniquement du public. De quoi, selon elle, attaquer les communications privées. […]

« De tiers ». Pour la Quadrature du Net, toute la subtilité tient à l’utilisation de ce terme, qui décrit quelque chose de distinct « du public ». Car « tiers » ne décrit pas forcément un destinataire public ; il peut être privé. Alors pour l’association, le texte recouvre les contenus « qui sont transmis à tout tiers, cela signifie qu’il peut s’appliquer à des services de courriers électroniques, comme les mails et les messageries instantanées […] Ces derniers, au moins jusqu’à la consultation du message, stockent en effet un contenu fourni par un utilisateur afin de le mettre à disposition d’un ou plusieurs tiers ».

Pour la Quadrature du Net, les services de communications personnelles « seront alors, comme les autres acteurs de l’Internet (forums, réseaux sociaux, blogs…), soumis aux obligations de retrait et de censure automatisée prévues par le règlement ». Une approche difficilement conciliable avec le chiffrement de bout en bout de ces échanges, tel que beaucoup le pratiquent aujourd’hui. […]

https://www.lemagit.fr/actualites/252453257/Projet-de-reglement-anti-terroriste-un-enieme-attaque-contre-le-chiffrement


Campagne de dons, premier point d’étape

Wed, 28 Nov 2018 14:29:27 +0000 - (source)
À la mi-novembre, nous avons lancé notre campagne de dons annuelle, avec un objectif de 320 000 € de collecte, comme l’an dernier. À ce jour nous en avons réuni environ 35% (en comptant les dons récurrents pré-existants à cette campagne et qui se poursuivent actuellement). Nous avons donc besoin de votre aide pour pouvoir continuer nos actions l’an prochain. 

D’autant que l’actualité est chargée pour La Quadrature : entre les suites de notre action de groupe contre les GAFAM, le passage de notre procédure à propos de la surveillance française devant la Cour de Justice de l’Union Européenne et la lutte contre le futur règlement européen sur la prévention des contenus à caractère anti-terroriste en ligne, notre équipe (salariée comme bénévole) ne chôme pas pour protéger nos droits fondamentaux !


Et pendant ce temps, notre campagne autour de l’Internet de nos rêves poursuit son chemin. Nous avons déjà publié les deux premières vidéos : 

Nous avons aussi organisé plusieurs évènements en lien avec divers sujets d’actualité pour nous. Le premier de ces évènements a été un riche débat sur le statut juridique des hébergeurs :


Et retrouvez le programme complet de notre campagne ici.

Pour mieux défendre cet Internet qu’on aime face aux lois liberticides qui se multiplient, La Quadrature du Net a plus que jamais besoin de vous !

N’hésitez pas à mettre en place un don récurrent, ce sont ceux qui nous offrent une meilleure visibilité sur le long terme, et vous pouvez les arrêter très facilement sur demande.

Procédure contre le renseignement français devant les juges de l’UE : aidez-nous à finaliser !

Tue, 27 Nov 2018 13:08:48 +0000 - (source)

Grace aux procédures engagées par La Quadrature du Net, FFDN, Igwan et FDN, la Cour de justice de l’Union européenne doit évaluer la validité du régime de surveillance français. Il nous reste encore une semaine pour lui envoyer nos arguments : aidez-nous à finaliser notre dossier !

Le 26 juillet dernier, après trois ans de procédure (en lire notre résumé), le Conseil d’État avait enfin accepté de poser à la Cour de justice de l’Union européenne cinq questions susceptibles de remettre en cause la compatibilité du droit français au droit de l’Union. Ces questions concernent deux pans majeurs de la surveillance française :

Le 26 septembre dernier, la Cour de justice nous a indiqué qu’elle répondrait à l’ensemble de ces questions au sein d’une même procédure, nous laissant jusqu’au 6 décembre pour présenter nos arguments sur la façon dont elle devrait y répondre. Nous avons rédigé ces arguments au cours des deux derniers mois et nous vous invitons aujourd’hui à y participer à votre tour, avant de les envoyer la semaine prochaine. Nous avons divisé notre dossier en deux parties :

Chaque paragraphe de ces documents est numéroté : si une phrase vous semble peu claire ou pas assez incisive, ou qu’un mot est mal orthographié, indiquez le numéro du paragraphe que vous souhaitez modifier sur ce document collaboratif en ligne, prévu à cet effet. Vous pouvez aussi nous faire vos retours par email à contact@laquadrature.net (même si c’est plus sympa de travailler à plusieurs !).

Vous nous aviez déjà grandement aidé à finaliser notre dossier contre la loi renseignement devant le Conseil constitutionnel il y a trois ans, notre procédure contre le fichier TES il y a deux ans, ainsi que nos plaintes contre les GAFAM en mai dernier. Donc merci encore pour l’aide que vous apporterez aujourd’hui ! Nous reviendrons la semaine prochaine plus en détail sur les arguments que nous aurons envoyés.

Merci !

Contribuez ici


[Zdnet.Fr] 10 ans au compteur mais la Quadrature a toujours besoin de vos dons

Tue, 27 Nov 2018 11:00:00 +0000 - (source)

La Quadrature a donné jeudi 15 novembre le coup d’envoi à sa campagne annuelle de collecte de dons. L’association entend revenir à une organisation plus horizontale et entame « un nouveau chapitre » pour marquer les dix ans de son existence.

La Quadrature du net a 10 ans et entend bien poursuivre sur sa lancée. L’association donnait jeudi dernier le coup d’envoi de sa collecte de dons annuels à la maison du libre et des communs, située à Strasbourg Saint-Denis, et en profitait pour faire le point sur l’évolution de l’association de défense des libertés numériques qui avait émergé à l’époque des combats autour de la loi Hadopi. Depuis ces premiers pas remarqués, la Quadrature s’est illustrée à travers de nombreux combats sur des sujets variés touchant aux libertés à l’heure du numérique et à la protection des données personnelles. […]

« L’assemblée générale a été l’occasion de revoir notre organisation et d’adopter une structure plus horizontale et moins hiérarchique » explique Arthur Messaud, membre de la Quadrature, qui se défend d’être porte-parole de l’association, mais qui a tout de même accepté de répondre à nos questions. Si jusqu’alors, l’organisation avait choisi de réserver certains postes spécifiques à ses membres, les sujets abordés par la Quadrature sont aujourd’hui plus vastes et l’association espère que cette nouvelle organisation lui permettra d’être plus en phase avec ces sujets. […]

https://www.zdnet.fr/actualites/10-ans-au-compteur-mais-la-quadrature-a-toujours-besoin-de-vos-dons-39876641.htm


Le règlement antiterroriste détruira-t-il Signal, Telegram et ProtonMail ?

Mon, 26 Nov 2018 11:40:56 +0000 - (source)

Il y a deux semaines, nous faisions le point sur le projet de règlement européen de censure antiterroriste. Pour rappel, ce texte imposera à l’ensemble des acteurs de l’Internet des obligations de censure irréalistes : retrait en une heure des contenus signalés par la police, surveillance de tous les contenus conduisant à une censure automatisée…

Aujourd’hui, nous revenons sur un autre danger de ce texte : en visant non seulement les contenus diffusés au public, mais également ceux échangés dans un cadre privé (comme les mails et les messageries instantanées), ce texte risque de mettre fin à la possibilité de protéger nos échanges par le chiffrement de bout en bout.

Une lecture attentive des dispositions du règlement révèle en effet que ce dernier ne se limite pas aux contenus diffusés au public.

L’article 2 précise que les acteurs soumis aux obligations de censure sont les « fournisseur de services de la société de l’information qui consistent à stocker des informations fournies par le fournisseur de contenus à la demande de celui-ci et à mettre ces informations à la disposition de tiers ». Le considérant 10 du même texte donne comme exemple, outre les réseaux sociaux, « les services de partage de fichiers vidéo, audio et images, les services de partage de fichiers et autres services en nuage, dans la mesure où ils mettent ces informations à la disposition de tiers […] ».

Cette notion de « mise à disposition de tiers » est bien différente de la notion plus habituelle de « mise à disposition du public » qui apparait, par exemple, dans la LCEN de 2004 où les hébergeurs sont définis comme ceux « qui assurent, même à titre gratuit, pour mise à disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d’écrits, d’images, de sons ou de messages de toute nature » (article 6, 2). Les contenus hébergés sur les « services en nuage » (qu’on comprend renvoyer à des services comme Nextcloud ou Dropbox) ne sont généralement pas « mis à disposition du public » mais uniquement accessibles par un nombre restreint d’utilisateurs. Le nouveau règlement européen les vise pourtant.

Or, si le texte du règlement ne se limite pas aux contenus diffusés au public, mais englobe ceux qui sont transmis à tout tiers, cela signifie qu’il peut s’appliquer à des services de courriers électroniques, comme les mails et les messageries instantanées (Whatsapp, Signal, Telegram…). Ces derniers, au moins jusqu’à la consultation du message, stockent en effet un contenu fourni par un utilisateur afin de le mettre à disposition d’un ou plusieurs tiers1Voir par exemple les conditions d’utilisation de Signal, qui indiquent bien conserver les messages le temps de leur réception..

Ils seront alors, comme les autres acteurs de l’Internet (forums, réseaux sociaux, blogs…), soumis aux obligations de retrait et de censure automatisée prévues par le règlement.

Des obligations incompatibles avec le chiffrement de bout en bout

Pourtant, certains de ces services protègent nos échanges privés grâce à des technologies de chiffrement de bout en bout, c’est-à-dire des systèmes de communications « où seules les personnes qui communiquent peuvent lire les messages échangés », l’objectif étant de « résister à toute tentative de surveillance ou de falsification ».

Comme nous l’expliquions dans nos positions communes avec l’Observatoire de Libertés et du Numérique (OLN), cette capacité de chiffrement « est une condition indispensable à la préservation des droits et libertés fondamentales, et l’un des derniers remparts, individuels et collectifs, aux intrusions arbitraires et illégales de nombreux acteurs, étatiques, privés, ou criminels ».

Comment alors les services de messageries et de mails qui prévoient ce type de protection (Signal, ProtonMail…) pourront respecter les obligations de surveillance et de censure prévues dans le texte si l’ensemble des messages stockés sont chiffrés et leur sont donc indisponibles ?

Le silence du règlement laisse entrevoir le pire : le chiffrement de bout en bout, c’est-à-dire la protection de nos échanges privés, serait contraire aux obligations prévues par ce texte et ne pourrait donc que disparaitre.

En effet, il est difficile d’imaginer comment ces services, comme tous les autres acteurs de l’Internet, pourront survivre à ces nouvelles obligations : il est peu probable qu’ils acceptent d’abandonner ce chiffrement de bout en bout et de sous-traiter la surveillance de leurs services à un géant du Web – ce qui est la solution que le gouvernement français semble espérer déjà au moins en matière d’hébergement de contenus publics.

Quant à Facebook lui-même, il est étonnant qu’il ait laissé passer ce texte sans voir ni comprendre le danger qu’il pourrait comporter pour son service de messagerie Whatsapp, lui aussi protégé par le chiffrement. La pire des situations serait que Facebook soit en train de renoncer à cette technologie pour s’allier, avec les gouvernements, à la surveillance de l’ensemble de nos échanges, qu’ils soient privés et publics. Il y a quelques semaines, Mark Zuckerberg expliquait d’ailleurs que le chiffrement compliquait l’automatisation de la censure.

Par ce texte, le gouvernement pourrait trouver une manière détournée de gagner un combat qu’il mène depuis longtemps et qui le frustre particulièrement : celui de la lutte contre le chiffrement de nos conversations.

Le règlement, en cours d’examen devant le Parlement européen, remettrait ainsi en cause un droit pourtant essentiel pour garantir nos libertés fondamentales face aux possibilités d’arbitraire de l’État et de la surveillance généralisée d’acteurs privés.

De nouveau, nous en demandons le rejet.

Rappelons que les délais pour agir sont extrêmement brefs : les gouvernements européens (en tête, la France) veulent faire adopter le texte le plus rapidement possible, au détriment de tout débat démocratique. Le Conseil de l’Union européenne se réunit ainsi à Bruxelles dès les 6 et 7 décembre en vue de parvenir à une position commune.

References   [ + ]

1. Voir par exemple les conditions d’utilisation de Signal, qui indiquent bien conserver les messages le temps de leur réception.

[EN DIRECT] ! Débat sur le statut des hébergeurs, La Paillasse, Paris.

Wed, 21 Nov 2018 18:00:44 +0000 - (source)

Suivez en direct Le débat sur le statut des hébergeurs, à la Paillasse, Paris



Si vous n’avez pas de navigateur compatible HTML5, vous pouvez aussi voir directement le flux live en faisant pointer votre player habituel (tel VLC ou MPlayer) à l’adresse suivante :

https://radio.octopuce.fr/ts1/stream.m3u8


[RFI] Les GAFAM, géants du Net, sont-ils en règle sur la protection des données ?

Fri, 16 Nov 2018 17:59:53 +0000 - (source)

[RFI] Les GAFAM, géants du Net, sont-ils en règle sur la protection des données ?

Après avoir été reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron, le PDG d’Apple s’exprime ce mercredi au Parlement européen lors d’une conférence sur la confidentialité. L’occasion pour Tim Cook d’évoquer le nouveau RGPD, le règlement général sur la protection des données. Présenté comme une révolution en matière de droits numériques, il contraint les entreprises à obtenir le consentement des internautes européens pour utiliser leurs données personnelles mais les géants du Net sont accusés de ne pas le respecter.

Entré en vigueur le 25 mai dernier, le RGPD n’a pas tardé à produire ses premiers effets. La CNIL, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, a publié un premier bilan sur les quatre premiers mois d’application du texte. Sur cette période, le gendarme français des données personnelles a reçu 3767 plaintes soit une hausse de 64%, signe d’une prise de conscience du grand public sur cette question. Par ailleurs, la CNIL a été saisie de plusieurs plaintes collectives. Ce type de procédure est l’une des grandes nouveautés introduites par le RGPD.

En France, l’association de défense des libertés sur la toile, la Quadrature du Net, a ainsi déposé cinq plaintes collectives regroupant 12 000 personnes contre Google, Amazon, Apple, Facebook et Microsoft. Principal reproche fait à ces entreprises américaines : la tactique du « à prendre ou à laisser ». Soit l’utilisateur accepte les conditions d’utilisation et donc cède ses données personnelles, soit il n’a plus accès au service, ce qui est interdit par le RGPD. […]

[RFI] Les GAFAM, géants du Net, sont-ils en règle sur la protection des données ?


Soutenons notre Internet !

Thu, 15 Nov 2018 16:04:10 +0000 - (source)

Depuis 10 ans, vos dons nous permettent de défendre notre vision d’un Internet idéal — un idéal que nous espérons avoir en commun avec vous. Nous lançons aujourd’hui notre campagne de dons annuelle, avec un objectif de 320 000 € de collecte, comme l’an dernier.

Nous voulons surtout profiter de ce moment pour aborder un sujet qui nous tient à cœur, mais dont nous parlons peu tant nous croulons chaque jour sous de nouvelles menaces contre nos libertés. C’est pourtant ce sujet qui nous anime au quotidien, qui nous fait veiller tard le soir et inspire chacune des phrases que nous écrivons aux juges ou aux parlementaires, ou à vous, pour partager nos inquiétudes et proposer des façons de se défendre.

Cette année, nous prendrons donc l’occasion de notre campagne de dons pour vous parler de l’internet de nos rêves, de « notre Internet ». Certes il y a les GAFAM, Macron, la Technopolice galopante, mais l’espace d’un instant au moins, ayons la sagesse de rêver — de nous rappeler que nous ne luttons pas seulement contre un futur terrible mais, surtout, pour un monde idéal.

Notre Internet idéal est dans les mains de toutes les personnes qui l’utilisent. Il n’a pas de centre ni de maître mais se construit et s’invente collectivement. Pour nous, la meilleure façon d’en parler a donc été de donner la parole à celles et à ceux qui le construisent au quotidien : qui posent des câbles et maintiennent une infrastructure collective face aux FAI géants ; qui développent des logiciels permettant une répartition plus juste des pouvoirs de modérations sur Internet ; qui font tout pour permettre à chaque personne de construire son petit bout d’Internet autogéré ; qui se battent devant les juges pour que les lois ne nous empêchent pas de façonner Internet à notre façon, en nous imposant censure et surveillance.

Au cours de l’année dernière, nous avons eu l’honneur d’accueillir nombre de ces personnes en tant que membres de notre association. Nous espérons que cette campagne de dons reflétera la nouvelle diversité de tons, d’expériences et d’idéaux offerte par cette ouverture, si propre à l’Internet de nos rêves.

Nous avons aussi donné la parole au-delà, à nos alliés de longue date, pour réunir au final une quinzaine de personnes sur quatre vidéos. Une pour chaque facette de notre idéal : un Web où nos règles sont décidées collectivement, sans censure imposée par l’État ou des entreprises ; une infrastructure physique gérée par la population ; un monde libre de toute surveillance généralisée ; le développement de services ne reposant pas sur l’exploitation commerciale de notre identité.

Nous diffuserons ces vidéos au cours des semaines à venir, après la publication dès ce soir, lors de notre soirée de lancement de campagne, d’une première vidéo plus poétique, reprenant en dessins l’histoire de l’Internet telle que nous la voyons aujourd’hui. La diffusion de ces vidéos s’accompagnera d’un ou deux événements publics par semaine (voir le programme).

Exprimer nos rêves apparaît aussi comme une forme de bilan : l’occasion appropriée pour saluer notre bon vieux site Internet, qui nous aura longtemps accompagné·es malgré son âge vieillissant, et d’en accueillir un tout nouveau, tel que vous le voyez !

Merci à toutes les personnes qui partagent ces rêves, que nous espérons encore défendre une année de plus, grâce à vous.


Censure antiterroriste : Macron se soumet aux géants du Web pour instaurer une surveillance généralisée

Wed, 14 Nov 2018 15:14:59 +0000 - (source)

Il y a deux mois, la Commission européenne a publié sa proposition de règlement « censure antiterroriste ». Nous le dénoncions, expliquant que ce projet aura pour effet de détruire l’ensemble du Web décentralisé. Depuis, nous avons rencontré les ministères français en charge du dossier : nos craintes se sont amplifiées.

La France, avec le soutien de l’Allemagne et du Parlement européen, va tout faire pour empêcher un débat démocratique sur ce texte : le gouvernement n’en parle pas dans la presse, veut forcer son adoption urgente et invoque le secret-défense pour empêcher tout débat factuel.

Pourquoi tant de secret ? Probablement parce que ce texte, écrit en collaboration avec Google et Facebook, aura pour effet de soumettre l’ensemble du Web à ces derniers, à qui l’État abandonne tout son rôle de lutte contre les contenus terroristes. La collaboration annoncée lundi par Macron entre l’État et Facebook n’en est que le prémice, aussi sournois que révélateur.

Pour rappel, le texte, poussé par la France et l’Allemagne, utilise le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour soumettre l’ensemble des hébergeurs (et pas seulement les grandes plateformes) à des obligations extrêmement strictes :

D’un point de vue humain, technique et économique, seules les grandes plateformes qui appliquent déjà ces mesures depuis qu’elles collaborent avec les polices européennes seront capables de respecter ces obligations : Google, Facebook et Twitter en tête. Les autres acteurs n’auront d’autres choix que de cesser leur activité d’hébergement ou (moins probable, mais tout aussi grave) de sous-traiter aux géants l’exécution de leurs obligations.

Ce texte consacre l’abandon de pouvoirs régaliens (surveillance et censure) à une poignée d’acteurs privés hégémoniques. Pourtant, la Commission et les États membres, en 146 pages d’analyse d’impact, ne parviennent même pas à expliquer en quoi ces obligations pourraient réellement être efficaces dans la lutte contre le terrorisme.

Voir notre analyse (PDF, 1 page).

Un débat impossible

Ces dernières semaines, nous avons fait le tour des ministères chargés de la rédaction et de la négociation de ce texte au niveau européen. Il en résulte que le gouvernement français, chef de file sur ce dossier, veut convaincre les autres États membres et les institutions de l’Union européenne d’adopter le texte tel qu’il est écrit aujourd’hui, et dans un calendrier très serré (adoption avant les élections européennes de mai 2019) afin d’empêcher tout débat démocratique sur le sujet.

Tout montre que le Parlement européen est prêt à collaborer avec les États membres pour faire adopter ce règlement sans débat. Helga Stevens (Belgique, ECR – conservateurs), rapporteure principale sur ce texte, a déjà publié en juin, et de sa propre initiative, un rapport qui présente les mêmes idées reprises dans ce règlement.

Les « rapporteurs fictifs » (les députés désignés par leur parti politique pour négocier le texte) sont en majorité tout aussi alignés sur ces positions, à l’image de Rachida Dati (France, PPE – droite européenne) et de Maite Pagazaurtundua (Espagne, ALDE – libéraux) qui défendent depuis longtemps l’idée d’une telle censure. Eva Joly (France, Verts) avait pour sa part accepté sans souci la censure privée dans la directive terroriste, finalement adoptée début 2017. Il semblerait que, cette fois, le texte aille trop loin pour elle et nous espérons qu’elle saura se battre contre.

Toutefois, dans la perspective des élections européennes, aucun parti politique du Parlement européen ne semble prêt à combattre la stratégie sécuritaire du gouvernement français, en lien avec l’Allemagne et d’autres États membres. Alors que ce texte semble directement inspiré par les politiques autoritaires mises en place par le gouvernement chinois pour contrôler Internet, Emmanuel Macron et Angela Merkel démontrent que leur « axe humaniste » mis en exergue dans le cadre de la campagne des européennes n’est que pure posture politicienne. Ce projet de règlement est une véritable insulte au projet démocratique européen.

Remplacer l’État par les géants du Web

Quand nous avons dit aux ministères que leur texte détruirait l’ensemble du Web décentralisé, ne laissant qu’une poignée de géants en maîtres, on nous a laissé comprendre que, oui, justement, c’était bien le but.

Tranquillement, nos interlocuteurs nous ont expliqué que Google-Youtube et d’autres multinationales numériques avaient convaincu le gouvernement que la radicalisation terroriste était facilitée par les petites et moyennes plateformes, et qu’il fallait donc laisser la régulation du Web aux seuls géants prétendument capables de la gérer. Où sont les preuves de cette radicalisation plus facile en dehors de leurs plateformes ? Nulle part. Sans aucune honte, le gouvernement s’est même permis de sortir l’argument du secret défense, complètement hors sujet, pour masquer son manque de preuve et afficher son irrespect de toute idée de débat démocratique. C’est comme ça : Google l’a dit, ne discutez pas.

Que ce soit clair : les arguments de Google et de Facebook visent simplement à détruire leurs concurrents. De fait, ce texte vise à faire disparaître les petites et moyennes plateformes, et à sous-traiter aux géants une censure massive et automatisée.

Emmanuel Macron s’est laissé enfumer de bon cœur par les géants, ravi à l’idée que l’Internet « dé-civilisé » qu’il s’entête à fantasmer soit enfin administré par une poignée d’entreprises, dont la puissance s’est bâtie sur l’exploitation illégale de nos données personnelles.

C’est ce qu’il a clairement réaffirmé lors de son discours au Forum de la Gouvernance sur Internet.

Macron se moque de détruire tout espoir d’une économie numérique européenne. Il veut simplement un texte sécuritaire qu’il pourra afficher au moment des élections européennes (ses « mid-terms » à lui), afin de draguer une partie de la population inquiète du terrorisme et qu’il s’imagine assez stupide pour tomber dans le panneau. Dans son arrogance délirante, il n’a même plus peur de renier ses électeurs pro-Europe ou pro-business, ni la population attachée aux libertés qui, pensant repousser l’extrême droite, l’aura élu.

Dans ce dossier, la menace terroriste est instrumentalisée pour transformer le Web en GAFAMinitel, pour acter la fusion de l’État et des géants du Net, et ainsi consacrer la surveillance généralisée et la censure automatisée de nos échanges en ligne. Tout ça pour quoi ? Pour lutter contre une auto-radicalisation fantasmée dont la preuve serait secret-défense (la bonne affaire !), et alors que les enquêtes sérieuses sur la question montrent que les terroristes ne se sont pas radicalisés sur Internet.

Le seul effet de ce texte sera de renforcer les multinationales du numériques et les dérives de l’économie de l’attention dont ils sont porteurs : la sur-diffusion de contenus anxiogènes, agressifs et caricaturaux capables de capter notre temps de cerveau disponible. L’urgence législative est de combattre ces dérives : de limiter l’économie de l’attention tout en favorisant le développement de modèles respectueux de nos libertés. C’est ce que nous proposons.

Exigeons le rejet de ce texte ! Il en va des conditions d’existence de l’Internet libre et décentralisé.


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